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♫ Le petit monde de Léane B. ♫

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Parlons de livre de tous genres, mais aussi parfois de cinéma et de musique !

[Fiche Livre] 102.670 Talion - B. Guilbau

Un gigantesque merci à Lilys Edition pour cette lecture une fois encore étonnante. 

Edition : Lilys Edition (Mémoires d'écume)
Date de publication : 28 février 2017
Genre : Drame (quoique ce soit assez compliqué à classer)
Auteur : Brigitte Guilbau (Mémoires d'écume)

Résumé

Malade, Charles Depreez refuse l’acharnement thérapeutique et fera tout pour que ses dernières volontés soient respectées. 102.670, c’est la clé du secret que cet homme s’apprête à révéler à Florence, une auxiliaire de vie qu’il considère comme sa fille. Une révélation difficile à accepter pour cette jeune femme en proie à la violence conjugale.

Peut-on rendre justice soi-même ? Avons-nous le droit de vie ou de mort sur les autres ? Œil pour œil, Florence sera entraînée dans la spirale d’une Loi vieille comme le monde: celle du Talion.

Lily's Editions

Mon avis : C'est étrange mais je ne sais pas trop par où commencer. Ce roman regorge de tout un tas de choses. Il est extrêmement riche, sans pour autant partir dans tous les sens. Pour écrire cette chronique, j'ai été relire ce que j'avais écrit à propos de Mémoires d'écume (ICI), et je suis surprise de retrouver encore certaines émotions. 

Donc dans cette histoire, on suit l'aventure de Florence, auxiliaire de vie maltraitée par son compagnon, et de Charles, atteint d'un cancer incurable en phase terminale. Tous deux sont extrêmement différents et pourtant, ils vont s'entendre à merveille, au point qu'entre eux va se tisser un lien de confiance incroyable. Tout se passe rapidement, du fait de la maladie de Charles, et c'en est d'autant plus intense. Florence accompagne Charles dans ses dernières semaines. Sans concessions, ils échangent sur leurs vies, passée pour Charles, présente pour Florence. Ils se découvrent, s'apprivoisent et s'enrichissent. Charles protège Florence de son compagnon abusif (et c'est un euphémisme), tandis qu'elle améliore sa fin de vie en lui promettant de respecter ses volontés et en lui tenant compagnie. lorsque le 

Là où le roman devient inclassable, c'est lorsqu'il arrive quelque chose à Florence. Alors, on passe du drame classique à d'autres genres, que je me refuse à dévoiler pour ne pas vous gâcher le plaisir de la lecture. 

A travers cette histoire, la très talentueuse Brigitte Guilbau nous propose des réflexions philosophiques riches et intéressantes. Qu'il s'agisse du statut de la femme, de l'inéluctabilité de la mort, de la justice, ou de l'amour, elle nous abreuve de pensées intelligentes, parfois contraires aux moeurs sociétales mais tellement compréhensibles et humaines qu'on peut réussir à y adhérer finalement. J'avoue avoir trouvé quelques passages un peu longs mais j'ai tellement adhéré à ces mots que je les ai presque oubliés. J'ai également deviné le dénouement en découvrant le secret de Charles. Pour autant, cela n'a pas gâché le plaisir. En effet, ce qui compte n'est pas la fin mais la façon dont on y arrive. Le mécanisme qui fait que l'inconcevable devient compréhensible et que le mal devient le bien constitue la colonne vertébrale du roman. C'en est l'essence, le fil conducteur, discret, puis de plus en plus visible. Jamais la loi du Talion n'aura été aussi bien menée. On en vient à l'accepter sans mot dire, comme quelque chose de naturel. 

Conclusion : ♥♥♥♥♥Brigitte Guilbau nous offre une version philosophique de la loi du Talion, pleine de réflexions sur lesquelles on reste même après le dernier point. C'est un excellent roman dont je vous conseille très chaleureusement la lecture. Et je vous promets que, malgré la fin tragique de Charles, vous sortirez de cette lecture avec un sentiment agréable de mission accomplie. 

Je vous laisse avec une citation que j'ai trouvé très intéressante et plutôt emblématique du texte et de la société actuelle.

Et quand les victimes, hommes ou femmes, comprendront-ils enfin qu'on ne perd pas sa dignité quand l'attaque est sexuelle ? Une personne perd-elle son honneur parce qu'elle a été rouée de coups ou assassinée dans la rue ? Non, n'est-ce pas, alors pourquoi cet amalgame avec le viol ? Pourquoi cet acharnement ? C'est l'attaquant qui perd sa dignité, pas sa victime ! Voilà ce qui devrait faire partie de notre éducation, ce n'est pas la victime qui est salie, qui est déshonorée, avilie ou dégradée mais bien son assaillant. Quel pas aurons-nous fait pour l'avenir de l'humanité quand nous aurons compris cela !

102.670 Talion - B. Guilbau

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